L'écoute commence avec soi

Première partie : Écouter : et si ça partait d’abord de vous?

Webcoachs vous présente une série de trois articles sur l’écoute et son importance dans la communication. Cette série d’articles est le fruit d’une collaboration avec Françoise Daigle de l’école Sankalpa, collaboratrice coopérante avec Webcoachs.

Ah! L’écoute… que vous soyez comme moi gestionnaire, ou coach, parents ou dans toute autre situation d’accompagnement, vous avez sans doute plusieurs fois été placés en situation d’écoute, cet art qui demande tant de doigté. Peut-être avez-vous suivi des formations, lu, fait des exercices.

Et si je vous disais que pour vraiment écouter, il ne faut pas d’abord s’ouvrir à l’autre?

L’écoute commence en soi

Avant même ce mouvement qui nous place en relation avec l’autre, une première étape essentielle doit d’abord être franchie. Cette étape, c’est celle de l’observation intérieure.

Combien sommes-nous, en pleine course folle, l’agenda bien rempli, qui tentons de nous connecter à notre – enfant, client, employé – instantanément sans même nous demander où nous en sommes? Puis nous retrouvons-nous débordés et irrités?

Cela peut paraître tellement évident, mais : vous écoutez-vous vous-même?

Retour à la case silence

Si je veux être libre pour l’autre, ouvert et tranquille, je dois d’abord libérer mon propre esprit. Je dois prendre conscience, sans jugement, des tensions de mon corps et des préoccupations qui se bousculent dans ma tête.

Il faut faire de la place pour permettre à la relation de trouver son espace.

Mais comment y arriver?

Une façon efficace et simple est de se placer en situation d’observation envers soi-même. Prendre quelques minutes – il n’est pas nécessaire d’y mettre des heures! pour s’installer dans le silence, faire quelques respirations tranquillement, et observer ce qui se présente dans son corps et dans son esprit.

Suis-je agité ou bien calme? Est-ce que je ressens du stress, de l’enthousiasme, de l’énergie? Dans quelles dispositions intérieures suis-je? Puis, au lieu de tenter de réprimer tout ce bruit, j’en prends note, tout simplement. Ok, je suis là.

Un temps de silence est nécessaire pour établir une distance entre cette personne qui est moi, et cet autre que je souhaite accueillir.

Cessez de lire maintenant. Essayez de faire cet exercice très simple que je viens de vous indiquer. Rien ne sert de poursuivre si, concrètement, vous n’avez pas idée de la sensation que nous explorons ensemble à l’instant. Sentez-vous l’espace intérieur entre ce vous qui écoute, et ce vous qui est écouté? C’est la place de l’observateur, et cette place, c’est celle dont il faut se rappeler de pratiquer en situation d’écoute. Soi, d’abord.

Choisir d’écouter

Oui, me direz-vous, mais ma porte est ouverte, et chacun s’y présente comme il veut.

Ou bien, je dois rencontrer de nombreux clients chaque jour, comment intégrer ce type de pratique dans mon travail?

Idéalement, ce serait super d’être en posture d’écoute à toutes les fois que nous en avons besoin. Mais dans le feu de l’action, ce n’est pas toujours possible.

Deux points : le premier, c’est de prendre l’habitude d’intégrer ces quelques minutes régulièrement dans notre quotidien. En s’endormant, au réveil, ou à tout autre moment qui nous convient. Lorsque nous aurons l’habitude de ressentir l’observateur tranquille en nous, nous pourrons y revenir plus fréquemment au moment où nous en aurons besoin.

Le second point, c’est, avant d’écouter quelqu’un, arrêtez-vous donc. Si vous avez besoin de terminer quelque chose – un courriel, un appel, ou quoique ce soit, terminez-le. Libérez votre tête et votre cœur d’abord. Sinon, rien ne sert d’essayer d’écouter – vous ne serez pas là, tout simplement. Vous entendrez mais l’autre personne saura parfaitement que vous n’écoutez pas tout-à-fait. C’est un instinct interpersonnel que nous avons tous. Nous savons quand l’attention de l’autre est là, et quand elle n’y est pas, et nous ne nous y laissons pas prendre.

Finalement, la véritable écoute est un choix conscient. Vous n’êtes pas là, assailli par la demande de l’autre; vous êtes disponible parce que vous vous placez volontairement dans le silence intérieur nécessaire à la place du dialogue. Et vous prenez les moyens nécessaires pour écouter en prenant les dispositions qu’il faut.

Alors, combien de fois avez-vous réellement écouté cette semaine?

Françoise Daigle
École Sankalpa

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