Il; faut savoir s'écouter pour s'ouvrir aux autres.

Troisième partie : Ici!

Webcoachs vous présente une série de trois articles sur l’écoute et son importance dans la communication. Cette série d’articles est le fruit d’une collaboration avec Françoise Daigle de l’école Sankalpa, collaboratrice coopérante avec Webcoachs.

Nous avons vu déjà que pour écouter l’autre, il faut impérativement pratiquer l’écoute de nous-mêmes; et que cesser de nous juger nous-mêmes en faisant preuve de bienveillance sont des étapes essentielles pour libérer la relation à naître avec l’interlocuteur.

J’ai maintenant une question pour vous : vous est-il arrivé de conduire votre automobile pendant des kilomètres en mode « pilote automatique »? Vous êtes bien là, à effectuer les bonnes manœuvres, mais votre tête est tellement ailleurs que vous vous réalisez tout-à-coup que vous avez fait un bon bout de chemin sans vous en rendre compte! Où « étiez-vous » donc?

Étiez-vous dans votre auto? Ou bien à la maison, au bureau, etc?

Nous avons tous vécu cette situation où nous sommes là sans y être. Nous sommes pour ainsi dire, à deux endroits en même temps. Lorsque nous reprenons brusquement conscience de notre corps, nous sommes ramenés à vitesse V.

John Kabat-Zinn, médecin émérite et auteur bien connu, a écrit un livre dont le titre est : Là où tu vas, tu es. Eh bien, si vous voulez écouter de façon attentive et aidante, vous devez être où vous allez, et être avec qui vous échangez.

Pour y arriver, notre attention doit être bien posée ici, et nous devons sans cesse nous ramener maintenant, car si vous observez bien la façon dont nous écoutons habituellement, vous constaterez que nous écoutons un moment, et nous projetons notre tête ailleurs; vers un souvenir rappelé par ce que raconte la personne devant nous, ou bien vers une projection future où nous anticipons ce qui arrivera par la suite. Pour nous poser exactement à l’endroit où nous souhaitons être, un effort conscient doit être fait pour rester là, avec notre interlocuteur.

Cette attention portée à l’autre est consacrée entièrement à laisser se déposer ses paroles, capter ses émotions comme elles se présentent, saisir le non-dit, et d’autre part, être attentif en même temps au mouvement qui se déclenche en soi : j’entends également ma propre voix, je remarque un jugement qui s’élève, je note que je m’ennuie, etc.

C’est bien assez de travail! Il n’est nullement nécessaire de faire autre chose, comme de préparer une réponse, de vouloir se montrer intelligent, d’instruire l’autre de notre grande sagacité; il suffit de rester là, tranquille, et de laisser défiler le fil de tout ce que l’autre a à nous dire – y compris ses silences.

Parmi les choses qui se présenteront alors dans notre propre esprit, nous pourrons choisir ce qu’il convient de retenir ou non. Attention : il ne s’agit pas d’un processus intellectuel. Il s’agit d’un ressenti. Nous allons décider librement, non pas par simple une réaction spontanée. Nous allons refléter à la personne devant nous de ce que nous ressentons juste intérieurement.

Comment savoir que c’est juste : encore une fois, en vous écoutant bien vous-même. On peut être étonné de réaliser à quel point nous reconnaissons la vérité quand nous l’entendons, intérieurement ou provenant d’une autre personne. Si vous êtes attentif à vous-mêmes, vous ressentirez ce qui est vrai et c’est bien sûr de cette vérité dont vous vous servirez pour décider s’il convient de dire ceci ou cela, ou bien simplement de vous taire.

Finalement, il est important d’agir et non de réagir; c’est-à-dire d’exercer un choix intérieur conscient, de décider de nous adresser à l’autre, ou bien de garder le silence. Réagir ne conduit pas à l’écoute; cela conduit à la projection de soi. Ce n’est pas mauvais en soi. Mais ce n’est peut-être pas ce que nous souhaitons faire, si nous souhaitons être en situation d’écoute. Votre tour viendra plus tard, et peut-être avec quelqu’un d’autre!

Je vous souhaite que cette aventure de l’écoute vous conduise sur des terres intérieures inexplorées, à la découverte de vous-mêmes et grandis de la relation authentique que vous aurez tissée.

Françoise Daigle
École Sankalpa

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